J’ai enfin mon ticket pour récupérer un visa travail vacances! Ma première demande avait été refusée à cause d’un certificat médical vieux de plus d’un mois, une lettre de motivation trop courte et un programme de séjour pas clair. Bref, j’ai dû tout refaire dans la semaine et me représenter à l’ambassade du Japon.
Pour ceux que ça intéresserait, vous trouverez ci-dessous la lettre de motivation que j’ai écrite. Toutefois, ce doit être mon budget de départ qui a le plus joué en ma faveur…

Lettre de motivation
Comment pourrais-je vous partager l’émotion que m’évoque le Japon ? J’aimerai pour cela retracer le parcours qui m’amène à vous écrire cette lettre aujourd’hui.
Remontons 20 ans en arrière… nous étions dans les années 80 et, comme tous les jeunes de ma génération, j’étais fortement marqué par les dessins animés japonais que la télévision diffusait sur les chaînes hertziennes. Je dépensais mon argent de poche dans des mangas et je passais des heures à jouer aux jeux vidéo. Je grandissais et je constatais que j’occupais tout mon temps libre par des produits japonais. Ainsi naquit ma curiosité pour le Japon.
Spectateur insatiable de reportages sur le Japon et sa culture, je fis le projet d’y séjourner avec un ancien camarade de lycée. Avec des petits boulots, nous économisâmes assez pour passer un mois à Tōkyō en 2003. Ce fut une expérience riche et inoubliable. Les japonais parlaient peu l’anglais, je décidai donc d’acheter un livre d’initiation à la langue japonaise. J’appris les hiragana, les katakana et les premières bases grammaticales mais la difficulté de la langue me força à abandonner pour me concentrer sur mes études d’informatique après le redoublement de ma première année de fac.
Fraîchement diplômé (fin 2006), je repris l’apprentissage de la langue dans le but d’un nouveau voyage. Je nouai des liens avec des ressortissants japonais pour pratiquer la langue quotidiennement et je fis suffisamment de progrès en 6 mois pour tenir une conversation avec naturel. Je partis l’été 2007 avec un Japan Rails Pass en poche qui me permit de visiter les villes de : Tōkyō, Ōsaka, Kyōto, Kōbe, Himeji, Nagoya, Hiroshima, Miyajima et Fukuoka. Dans le même temps, j’ai sympathisé avec d’autres passionnés français et nous avons fondé l’association French Japan Connection, une association à but culturel mais aussi professionnel. Elle réunit maintenant une trentaine de Français et Japonais chaque mois pour des rencontres linguistiques et culturelles.
2 ans sont passés et mon attrait pour le Japon a gagné en maturité. Je lis des romans de grands auteurs comme Haruki Murakami, Eiji Yoshikawa ou Yasushi Inoue. Je cuisine japonais. Je suis l’actualité japonaise au quotidien. Pour être bref, mes proches trouvent que je vis dans une bulle que l’on pourrait nommer Japon. Et avant d’être retenu en France par quelques responsabilités ou obligations, j’aimerai concrétiser mon rêve d’aller vivre et travailler au Japon.
Conscient qu’une lettre ne permet pas de transmettre la passion d’un homme, j’espère cependant que ces quelques mots vous persuaderont de mes sentiments. Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.


france no houga iiyo